| Anticipation |
Je ne cherche pas à imaginer le futur mais à dévoiler la vérité de notre époque. L’organisation réelle de notre monde nous est en effet dissimulée par les apparences de l’ordre ancien : conformisme médiatique, formes institutionnelles et lois, parole publique et rites sociaux.
Or la dissolution soudaine du monde soviétique a montré qu’un système officiel, qu’on croyait immuable la veille encore, pouvait n’être qu’un gigantesque trompe-l’œil. De même le système de la civilisation occidentale est-il sur le point de s’effondrer à l’heure même de son prétendu triomphe.
Ce que dévoilerait ou dévoilera cet effondrement constitue le décor de cette histoire mais il est aussi un de ces deux personnages principaux.
L’autre personnage principal est un homme inadapté au nouvel ordre, qui échappe de justesse à l’élimination que sa condition impliquait et qui, portant la révolte et l’espérance auxquelles l’humanité paraît avoir renoncé, résout d’entrer seul en guerre contre les CERCLES.

| Policiers |
Ce thriller « caméra à l’épaule » met en scène un flic has been et un auxiliaire de police, professeur d’histoire, spécialiste des rites (et des crimes rituels).
Des meurtres originaux et effrayants, impliquant chaque fois une mère et son petit garçon, mettent la PJ sur les dents et la presse en transe.
Quand l’assassin laisse sur les lieux de son dernier crime un ornement qui semble être une pièce unique et ancienne, le professeur Bareuil suggère au capitaine Falier de faire appel à Jeanne Lumet, jeune médiéviste névrotique mais surdouée, qui a été autrefois son élève.
[ Lire les dix premières pages ]

L’orme aux loups est un lieu-dit de vignes et de forêts, au pied de la colline de Sancerre.
Quelques années après le terrible siège de la ville protestante (1573) par les troupes du catholique duc de Bourges, une série de crimes insolites va replonger le village dans la peur. Tandis que les soupçons se portent sur un montreur d’ours italien de passage, la question se pose peu à peu de la compromission de ceux qui sont en charge du maintien de l’ordre et des détenteurs de l’autorité politique et morale : le comte de Sancerre, vieux guerrier intransigeant ; son bailli Danlabre, cruel et lubrique ; le recteur Naudet, prélat catholique haï par les deux premiers et qui travaille peut-être à leur perte.

| Romans |
A l’occasion des bouleversements que leurs rencontres apparemment fortuites vont causer chez chacun des personnages, se fait jour peu à peu ce que les anciens appelaient le destin, tandis que s’estompe ce que les modernes appellent le hasard.
L’écrivain blasé, la bourgeoise névrosée, l’allumeuse débridée, l’assassin sordide, la journaliste opiniâtre, la cantatrice déchue, le vieil américain clochardisé, le réfugié iranien, les flics, les victimes, les bourreaux et tous les autres protagonistes de ce roman ouvert à tous les vents, comme peut-être tous les hommes de tous les temps, sont à la fois eux-mêmes et tous les autres.

La Grèce est en loques. Bientôt, l’espoir d’une Europe politiquement intégrée s’étant évaporé, elle sera retournée à son passé homérique : la guerre des clans.
C’est dans ce retour de barbarie, où les anciens rois grecs sont remplacés par des caïds, qu’a lieu l’histoire de Pénélope, reflet fidèle, mais inversé, de l’Odyssée : alors que dans l’épopée, c’est Ulysse qui est au premier plan, ici c’est sa femme, dont les tribulations ne seront pas moins périlleuses.
L’attente angoissée, le palais à l’abandon, la trahison des proches, l’effondrement des cadres et des valeurs morales, la violence généralisée, la pression de plus en plus odieuse des prétendants à la succession d’Ulysse, vont éprouver une femme belle et fière, mais que plus rien d’extérieur à elle ne protège (ni famille, ni bienséance, ni institutions), jusqu’à l’extrême limite de ses forces.

A la frontière des Etats-Unis et du Mexique, une tempête monte à l’horizon. Tempête de vent et de sable ou tempête de flingues et d’armes blanches ?
Bientôt les nuages s’amoncellent autour de Jess, une chanteuse reconvertie incognito en serveuse de bar et porteuse d’un secret effroyable.
Ses deux seuls amis, un ivrogne en état de crise perpétuelle et un vieux garagiste obèse, ne paraissent pas vraiment à la hauteur pour la protéger du grain qui se prépare.

Les Falier, petits notables de Province, sont invités à dîner chez le Maire de Bourges.
Afin que sa famille et elle-même paraissent à leur avantage lors de cette soirée, Thérèse Falier va chercher à tout prix à se hisser au niveau de ses hôtes et oser pour y parvenir ce dont personne ne l’imaginait capable.

Silberblick est la villa de Weimar que le philosophe Friedrich Nietzsche habitait à la fin de sa vie, quasi grabataire et dans un état de stupeur permanent.
La maison constitue le décor d’une rencontre qui « aurait pu avoir lieu », en 1899, entre deux personnages dont la conversation va peu à peu évoluer en affrontement impitoyable. L’un d’eux est Elisabeth Forster, la sœur de Nietzsche et la responsable de la publication en partie posthume de son œuvre. Elle est connue pour avoir orienté la réputation de son frère dans un sens raciste dont le régime nazi fera son profit. L’autre personnage est Peter Schlössel : il pourrait être un nouveau Saint Paul, comme lui plein de ferveur et d’intransigeance.
Peter et Elisabeth seront contraints l’un par l’autre de remettre en cause jusqu’à la racine de leurs convictions, risquer leurs assises morales et même leur santé mentale.
Annonciateurs des catastrophes du siècle suivant , ils se livrent un combat dont les enjeux sont aussi ceux de notre temps.

| Manifestes |
Cette pochade écrite en 2003 est une sorte d’apéritif : à la fois un manifeste et une élucubration insensée, une profession de foi et une construction absurde, un cri du coeur et un bariolage dévergondé.
Sauvage est ce que je suis : pluriel, réfractaire, inconstant, inadapté, ironique, amoureux, grandiloquent, cruel, rêveur, malin, fragile, léger, versatile, gaffeur, insouciant, influençable, irrésolu et fat.
Sauvage est tous les hommes, riant à pleines dents derrière leur masque. Et voici que le masque tombe… Le masque du cynisme, du nihilisme, du repli villageois, du conformisme, du désespoir et de ses consolations bon marché, de la peur de vivre et de la haine de soi.
Annonciateurs des catastrophes du siècle suivant , ils se livrent un combat dont les enjeux sont aussi ceux de notre temps.