Devenir trader
Thierry Berlanda
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La société Iforex fait de la publicité sur Internet, notamment sur le site du Nouvel Obs, pour nous inciter à devenir trader. Aurai-je raté un épisode ? Les traders ne sont-ils pas ces braves gens qui engagent sur les marchés des sommes dépassant jusqu'à vingt fois les fonds propres des banques qui les appointent ? Ne sont-ils pas les artilleurs légers de la guerre financière à outrance qui a précipité sur les routes des légions de petits propriétaires américains ruinés, qui a multiplié par deux et bientôt trois le nombre de chômeurs espagnols, qui a saigné l'Irlande, cramé le Portugal, écrabouillé l'Italie, ébouillanté la Grèce ? De cet effondrement, ils ne sont sans doute pas les seuls responsables, ni même les premiers, mais nous les infuser comme teasing sur des bannières publicitaires ne présage-t-il les prochaines accroches suivantes ? Têtards de banlieue à baggys, arrondissez vos fins de mois en vous faisant dealers ! Etudiantes faméliques, mettez du beurre dans vos épinards en vous prostituant au bois ! Petites frappes, fils de famille en rupture, boutonneux craignos, franchissez le pas en intégrant les brigades de la mort de Mogadiscio ! Salopards en herbe, assassins au biberon, crevards en devenir, rejoignez les volontaires de la cause talibane !
Sauvagement, le 14 mai 2012 [ Proposez vos Commentaires ]
Rassurez-vous, il s’agit des modèles non du physique mais de LA physique.
Selon la théorie du Big Bang, l’expansion de l’univers, depuis l’explosion initiale, devrait ralentir avec le temps (de même que la vitesse de ce ballon diminue à mesure qu’il s’éloigne de mon pied). Or il advient que la vitesse de l’expansion de l’univers augmente, et même qu’elle augmente de plus en plus. Bien en peine, les physiciens nous disent qu’une force supérieure à celle de la gravitation (centripète par définition) s’exerce de manière centrifuge sur la matière de l’univers. Mais s’ils estiment qu’une force supérieure à la gravitation serait celle qui attirerait, ou plutôt étirerait, de façon plus déterminante la matière, c’est encore se placer sous le paradigme de l’attraction, et donc supputer que la gravitation est contestée non en elle-même, mais par une gravitation plus forte, ce qui est au contraire une manière de la valider.
Et que serait-elle alors et où aurait-elle lieu, cette force gravitationnelle supérieure à la gravitation de papa ? Il faudrait que ce soit aux limites théoriques de l’univers et résultant d’une concentration de matière plus considérable que l’ensemble de l’univers connu ou présumé. Nous aurions donc comme « autour de l’univers », une accumulation de matière, à la fois invisible et colossale. En vertu du modèle précédemment décrit, cette matière augmenterait au cours des âges, certes en invisibilité mais aussi en taille et en masse, puisque l’univers augmentant, ce qui est supposé l’entourer devrait augmenter de même, et augmenter non seulement en taille, on le comprend, mais donc aussi en masse puisqu’à masse constante, si sa taille augmente, sa concentration diminue, donc aussi sa gravitation… et qu’alors l’univers ne pourrait plus augmenter de plus en plus vite, contrairement à ce que nous savons qu’il fait. Aïe !
Je me demande s’il faut vraiment conseiller à nos enfants de faire S, moi ! Finalement, peut-être vaut-il mieux les enjoindre de poursuivre des études bien concrètes et utiles dans la vie quotidienne, telles l’histoire, la musique ou la philosophie par exemple.
Sauvagement, le 7 mai 2012 [ Proposez vos Commentaires ]
Tyrannosaur
Thierry Berlanda
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Le sale temps vous déprime ? Vous êtes scandalisés par le pillage des antiquités depuis que les budgets de fonctionnement des musées grecs sont ratiboisés ? L'inéluctable naufrage économique espagnol vous assombrit ? La bave aux lèvres de la droite dite populaire (les Luca, Mariani et Raoult), dont l'insulte est le seul programme et la mise au pas le seul projet vous débectent ? La propension socialiste vous exaspère, qui consiste à régler les problèmes structurels en les arrosant d'un argent public, qui fait d'ailleurs défaut, comme d'eau le désert ? La danse de Saint-Guy permanente de l'imminent retraité qui occupa cinq ans la présidence de la République sans avoir la moindre idée de ce en quoi celle-ci consiste vous sort par les yeux ?
Alors, allez donc voir Tyrannosaur ! Non pas le redoutable théropode du crétacé, mais le film de Paddy Considine actuellement à l'affiche : bien qu'il s'y agisse de désespoir et de violence, vous en sortirez rassérénés. Car c'est davantage encore le film de l'amour et de la rédemption.
C'est ainsi qu'en sortant du cinéma, vous vous direz que la pluie a aussi son charme, voire son utilité. Vous conviendrez que les antiquités grecques, bien que pillées, ne finiront sans doute pas dans la concasseuse et qu'on les retrouvera bien un jour, ici ou là. Vous en arriverez à la conclusion de bon sens que les Espagnols, non plus que nous-mêmes et les autres d'ailleurs, ne sont pas si endettés puisque de toute façon ils ne rembourseront jamais leur dette, non plus que nous itou, vu qu'elle est détenue par des pays qui ont besoin de clients pour vivre et que les clients, c'est nous. Vous vous réjouirez à l'avance du spectacle des bobines navrées des députés de la droite populaire à l'annonce des résultats de l'élection présidentielle. Vous admettrez que si les socialistes ont longtemps erré quant à l'organisation rationnelle de l'Etat, c'est peut-être après tout d'un socialiste qu'il faut attendre qu'il réforme la pratique de son propre camp.
Et enfin, vous souhaiterez sincèrement bonne chance à Nicolas Sarkozy dans ses toutes nouvelles activités de conférencier globe trotter, facturables 10 000 dollars le bout à des capitaines d'industrie en cale sèche et des boursicoteuses permanentées.
Sauvagement, le 30 avril 2012 [ Proposez vos Commentaires ]
Le onzième candidat
Thierry Berlanda
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De même que le douzième Imam est occulté selon les chiites duodécimains, l'est aussi le onzième candidat à l'élection présidentiel du moment.
Il est sans doute un composé des dix autres : un Sarkozy sans le cynisme, un Cheminade sans le scientisme, une Joly sans l'intransigeance, une Le Pen sans la vengeance, un Hollande sans l'équivoque, un Mélenchon sans la provoc, un Dupont Aignan sans le touspourrisme, un Poutou sans le jusqu'auboutisme, une Arthaud sans l'illuminisme et un Bayrou sans le somnambulisme.
Mais il serait aussi et surtout cet homme d'Etat qui ne confondrait pas efficacité et pragmatisme du renoncement, qui ne laisserait pas penser que tous les problèmes soient réglés par l'augmentation des budgets et qui aurait bien intégré que la France ne serait vraiment qu'un pays comme les autres s'il advenait qu'elle oublie les deux conditions ci-dessus.
Sauvagement, le 20 avril 2012 [ Proposez vos Commentaires ]
La chute d'un roi
Thierry Berlanda
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Juan Carlos, bien que roi, était sympathique à plus d'un républicain en raison de son attitude après la mort de Franco. Rarement même une restauration n'avait suscité autant de bravos (et même de olé) de la part de gens que le seul mot de monarchie hérissait d'habitude.
Or voilà que devenu vieux, Juan s'emploie à briser son image de souverain démocrate en allant chasser l'éléphant au Botswana, aussi ridiculement qu'eussent fait jadis au Congo de vulgaires rois des Belges ou en Centrafrique un pittoresque président français au chuintement altier. Justice immanente : le roi a été victime d'un accident de chasse et s'est fracturé la hanche. On attendra qu'il se soit rétabli pour le fesser.
Notons toutefois que le scandale n'est pas que Juan Carlos et sa cour se bahutent à prix d'or au bout du monde pour traquer des pachydermes alors que le peuple espagnol est soumis aux rigueurs consécutives au chavirage du capitalisme financier. Admettons que ce conflit d'image entre un roi qui s'amuse et son peuple qui se serre la ceinture a quelque chose d'indécent sur le plan des symboles (chers, comme on sait, aux rois comme aux peuples), mais si scandale il y a, et c'est bien le cas, il tient d'abord au caprice d'un Bourbon devenu barbon qui trouve malin de mitrailler des animaux.
Roi d'un pays où l'on se flatte de rafler à l'occasion les oreilles et la queue, aura-t-il, noblesse oblige, ramasser les défenses et la trompe ? De notre point de vue, il n'aura réussi qu'à récolter les sifflets et l'opprobre. Plaise au Ciel qu'à l'instar d'un autre espagnol jadis, Ignace de Loyola, son alitement forcé lui donne l'occasion de retrouver le droit chemin !
Sauvagement, le 16 avril 2012 [ Proposez vos Commentaires ]
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« Michel Henry développe à coup sûr la pensée la plus originale et révolutionnaire du vingtième siècle. Et dans ce siècle-ci, nul doute qu’elle fécondera de nombreux domaines du savoir et aussi nos pratiques : politique, social, artistique, scientifique et technique. L’Université de Louvain la Neuve, et particulièrement Jean Leclercq et Grégori Jean, accomplissent à cet égard un remarquable travail de pionniers. Le N° 3 de la Revue Michel Henry, consacrée notamment à l’étude des textes inédits rassemblés dans le fonds d’archives de Louvain, vient de paraître : c’est comme chaque fois l’occasion d’un grand moment de philosophie ».
[ Université catholique de Louvain ] |
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