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Nous avons plutôt pour principe d’abattre les puissants que de frapper un homme à terre. Avouez toutefois qu’il est tentant de fesser d’importance ce frimeur à Ray Ban, capitaine d’opérette d’un yacht à mémères dont il a échoué les 350 mètres et les 4000 passagers pour avoir voulu slalomer entre des récifs en faisant de l’œil (dans le meilleur des cas) à une bimbo east fashion. Que n’a-t-on pas dit sur le Titanic ! Sur le scandale de cette transposition flottante (pas très bien) de l’ordre social injuste de l’époque, configurée pour la plaisance en mer d’huile et qui alla se frotter aux icebergs boréals. Croyez-vous que cette cruelle mésaventure ait changé quoi que ce soit à la conception même des bateaux de croisière ? Rien du tout. On imagine d’abord un joli petit navire, et puis, comme on en a les moyens techniques et financiers, on finit par construire un monstre démesuré, mais sans prendre garde que prolonger les ponts, entasser les étages et surmultiplier les capacités d’embarquement exigerait qu’on mette en œuvre des moyens de sécurité et de secours adéquats. Or c’est impossible. On le fait quand même : c’est là le crime ! Affréteurs, armateurs, commissions d’habilitation et autres profiteurs sans vergogne aux pattes abondamment graissées, comment n’avez-vous pas aperçu qu’un bateau pouvant sombrer en deux heures ne peut pas être équipé pour sauver de la noyade plusieurs milliers de passagers ? Il faudrait pour cela qu’on affecte à ce genre de bonbonnière géante un nombre de canots et une complication de structures d’appui extérieures tels que son modèle perdrait en viabilité et opérationnalité ce qu’il gagnerait en sécurité. Magnitudo parvi, chante Hugo. Comment se peut-il que nous ayons à ce point abdiqué notre sens commun, de même que notre élémentaire mais fondamentale attention aux autres, pour que le plus probable soit (le plus grand scandale tenant sans doute en ceci) que personne ne voudra imposer aux marins d’eaux sans retour d’en revenir à de modestes goélettes ? Sauvagement, le 22 janvier 2012 [ Commentaires ]
Disons plutôt que les forces qui mènent aujourd’hui le monde relèvent de ce que Platon nomme « pleonexia », c’est-à-dire l’insatiabilité (Livre I de la République), et qui est décrit plus justement encore dans l’Evangile (Luc, 12, versets 13 à 20) comme l’accaparement et l’amoncellement, qui empêchent le partage et que la tradition nous a transmis sous le nom bien affadi de gourmandise. Immémorial est donc le mal qui ronge nos sociétés, et les dévoiements (ou peut-être la nécessité interne) du libéralisme n’en sont que l’avatar moderne. Or quand l’insatiable et le cupide se sont goinfrés au point de n’avoir plus rien dans leur assiette, et qu’ils ont si largement piqué dans l’assiette des autres que ceux-ci commencent à broncher, alors, afin d’éviter leur propre débâcle, voilà que les gloutons s’en prennent directement à la structure même permettant aux spoliés de les contester : la démocratie. Un exemple de cette extrémité s’incarne aujourd’hui dans le piètre Viktor Orban, premier ministre hongrois, qui produit une constitution à sa convenance, liberticide et scélérate. L’Europe n’a pas de tâche plus urgente, si elle veut rester fidèle à sa promesse, que d’expulser de soi au plus tôt cet intrus venimeux. Sauvagement, le 16 janvier 2012 [ Commentaires ]
Hélas, au seul mot de TVA, la gauche (pas toute mais presque) se hérisse au prétexte que cet impôt serait le plus injuste parce que, comme la grêle tombe également sur les bons et sur les mauvais, il frappe chacun sans distinction de revenus. Or il ne faut quand même pas être très malin pour comprendre qu’en raison même de son universalité la grêle tombe davantage sur ceux qui, bons ou pas, possèdent les plus grands terrains : sauf à penser que les riches dépensent moins que les pauvres, la chose est assez démontrée. Mais que non, répondent les socialistes, car il est avéré que le pourcentage de TVA payé par les riches est moitié moindre que celui de la TVA payée par les pauvres. Loin de miner le principe de la TVA, ce constat prouve quoi ? Simplement qu’il faut qu’elle frappe davantage les produits et services consommés par les hauts revenus. Or la proposition du gouvernement actuel ne semble pas suivre ce chemin. Et en effet, s’il s’agissait de simplement diminuer les charges patronales, c’est-à-dire à principalement goinfrer l’actionnaire en compensant par un prélèvement général, alors oui il faudrait s’y opposer : ce serait même un légitime motif d’insurrection. En revanche, s’il devait finalement s’agir, sous ce gouvernement ou plus vraisemblablement le prochain, d’organiser par la loi ou la négociation, une baisse voire une suppression des charges patronales en la compensant par une taxe sur les transactions financières, et une suppression des charges salariales en la compensant par une hausse de la TVA à des taux différenciés allant de 10 à 50% en fonction des produits, alors le pays n’aurait qu’à y gagner : quelque 20% de plus sur le net de tous les salaires et traitements, de beaucoup plus amples possibilités d’investissement en Recherche et Développement, une réorientation de la consommation sur des produits plus chers (d’origine française ou européenne), davantage de recettes pour l’Etat : est-ce que cela ne ressemble pas à l’enclenchement d’un cercle vertueux ? Pourquoi faut-il que par exemple Benoit Hamon (dont l’oncle Marcel avait un meilleur sens du rythme) et par hypothèse François Fillon (Balada Triste de la politique) s’entendent pour torpiller une bonne idée dans un concours de mauvaise foi ? Parce que la gauche doctrinante et de la droite flagellante, collusion conservatrice, y perdraient ni plus ni moins que leur fonds de commerce, voire leur raison d’être : la première ne pourrait plus condamner le réel au nom de l’idéal et la seconde ne pourrait plus déprécier l’idéal au nom du réel. Sauvagement, le 9 janvier 2012 [ Commentaires ]
Où est-elle alors, la question ? En ceci que le frêle Georges Bush n’avait ni le talent ni les épaules pour avoir fomenté lui-même cette sanglante escroquerie planétaire. C’est bien le système lui-même, militaro-industriel si l’on veut (il ne faut pas hésiter à enfoncer les portes ouvertes dès lors qu’elles se sont malencontreusement refermées), qui a ourdi ce crime. Et quel est le système ? Celui de la collusion de ploutocrates dénués de sens moral, bien que professant le contraire, et de millions de déclassés, de frustrés et de dévoyés communiant sous la même répugnante espèce de la haine de l’humanité, du ressentiment contre la vie et contre la grâce qu’elle est. Eh bien hélas, tout bonhomme et bien vissé que soit notre Barak Obama, il est à craindre (ce n’est pas une prévision, mais un avertissement) que le système précité, chauffé au rouge désormais, ne lui impose bientôt de calibrer contre l’Iran les mêmes arguments pernicieux qu’hier Bush contre l’Irak. Et ce serait alors reparti pour une guerre monstrueuse. Sauvagement, le 2 janvier 2012 [ Commentaires ]
Le merveilleux y perdrait peut-être, enveloppé dans le mystère de la tradition orale qui transforma peu à peu, à la suite d’une série d’avachissements linguistiques, le latin « dies natalis » en Noël au début du XII° siècle. Or le merveilleux finit un peu, pour dire le mot, par nous fatiguer ! Et le père Noël par ci, avec son manteau rouge et son traîneau à rennes régulièrement égarés dans les galeries marchandes des grandes surfaces, et la dinde par là, non moins farcie d’ailleurs que beaucoup des convives qui s’en gobergent, et les cadeaux par-dessus, qui constituent désormais le seul rituel incontournable de vies familiales fantomatiques ! Ne voit-on pas que cette parodie ne retentit que des accents tristes de notre abrutissement avancé ? Loin de nous complaire dans l’admonestation morale et le redressage de torts théologiques, nous essaierons simplement de vivre, en ce jour comme d’ailleurs le plus souvent possible le reste de l’année, la véritable parole qui instaure ce pauvre Noël devenu au mieux une bondieuserie, au pire un gros barnum : la vie n’est pas le fruit amer d’un hasard capricieux mais une grâce dont le principe et la finalité sont l’amour. Il n’y a rien à y comprendre si ce n’est que nous avons simplement et joyeusement à l’accepter, tel ce nouveau né que nous sommes appelés à devenir sans cesse. Sauvagement, le 26 décembre 2011 [ Commentaires ] |
De la musique avant toute chose Par Jéhan de Fontenoy, le 23 juin 2011
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